Ralliement : Le Régiment perdu – William R. Forstchen

Ralliement : Le Régiment perdu - William R. Forstchen Synopsis

La victoire. ou la mort ! 2 janvier 1865, City Point, Virginie. Le colonel nordiste Andrew Keane conduit ses soldats vêtus de bleu à bord d’un navire de transport, ignorant que leur prochain port d’attache n’est ni au Nord ni au Sud, mais… sur un autre monde ! Une tempête les balaie dans une faille surnaturelle et les expédie sur une terre étrangère, où quelques fusils sont tout ce qui sépare le régiment perdu de l’extermination… face à des épées, des lances et des arcs. Dans ce monde féodal dirigé par les nobles et l’Église, Keane et ses hommes introduisent les idées de liberté, d’égalité et de démocratie… ainsi qu’une technologie en avance de plusieurs siècles. Mais cela suffira-t-il à les sauver de ceux qui détiennent le vrai pouvoir ? De terrifiantes créatures dont le nom n’est prononcé qu’à voix basse et qui élèvent les humains comme du bétail… pour les dévorer.


Mais de quoi ça parle ?

1865, en pleine guerre de Sécession, le régiment du 35eme du Maine, dirigé par le colonel Andrew Keane, doit quitter le siège de Petersburg pour se rendre sur un autre lieu de combat en Caroline du nord. Ils embarquent alors sur un bateau qui doit les mener à leur destination … qu’ils n’atteindront jamais. En effet, durant leur traversée, une étrange tempête les happe et les dépose dans un lieu qu’ils ne connaissent pas. Les jours y sont plus courts, et deux lunes éclairent le ciel nocturne…

A peine le temps de se remettre de leurs émotions et de compter leurs victimes que nos Yankees se retrouvent face à une étrange armée qui semble sortie d’un autre âge. Et les locaux ne semblent pas animés des meilleures attentions : très vite la lutte s’engage, mais les fusils font rapidement la différence et, c’est la débandade de l’autre camps.

Progressivement Keane et ses hommes découvrent qu’ils ont quitté la Terre, et que le peuple rencontré un peu plus tôt vit dans un moyen-âge féodal sous l’autorité d’un boyard.

Les américains décident alors de s’organiser et tentent de reconstruire leur société industrielle naissante. Petit à petit ils vont installer une véritable place forte, et tenter de renouer avec l’avancée technologique de leur ancien monde : moulin, extraction de fer, fonderie voient rapidement le jour.

Pendant ce temps, le colonel Kayne arrive à prendre contact avec un Rous, le nom que le peuple rencontré plus tôt se donne, et en apprend plus sur cette société d’un autre âge, rongée par un conflit intérieur entre le Boyard et l’église.

Très vite, les américains vont devoir prendre position et soutenir l’un des deux camps. Mais durant leur combat pour donner la liberté à la population , ils vont apprendre une nouvelle pas spécialement des plus rassurantes : l’existence d’un autre peuple, les Tugars. Ces derniers, sorte de Mongols anthropophages dominent le monde et ont réduit tous les peuples en esclavage. Ils ne voient en les humains que du bétail, et viennent chaque année à Rous prélever un tribut . Et ils arrivent bientôt …

Et concrètement niveau lecture, ça donne quoi ?

Le régiment perdu est un roman efficace et bien ficelé. Mélange de fantasy et de western, le livre nous embarque dans une histoire qui met pour une fois à l’honneur le thème de la guerre de Sécession, trop rare dans le genre.

Bien que le synopsis ne soit pas des plus original, la lecture est agréable, notamment du au fait que l’auteur raconte les évènements par le biais des différents protagonistes : les américains, les rous et les Tugars.

William R. Forstchen, grand spécialiste de la Guerre de Sécession, se sert ici habilement de ses connaissances pour nous emmener dans son monde et dans la construction de leur nouveau chez-eux. Bon, certes la vitesse où les américains retombent sur leur pattes et arrivent à reconstruire une petite ville développée peut avoir un petit côté invraisemblable (on arrive à trouver systématiquement un soldat capable de tout faire, que ce soit une arme, un barrage, une fonderie …), mais on passe facilement, tant l’action est soutenue et le rythme plaisant. Cette partie du livre tant d’ailleurs à rappeler un certain Robinson Crusoe avec l’utilisation des ressources locales, et l’utilisation des compétences de tous les membres du régiment pour survivre dans un monde qu’ils ne connaissent pas.

Les personnages sont attachants, certain certes plus complexes que d’autres. On sent que Forschten a pris le temps de fouiller les motivations se ses héros, qu’ils soient officiers, ou simple soldats, à leur donner des caractères qui leur sont propres, et à expliquer au lecteur les ressorts qui les poussent à agir. Certains lecteurs pourront y trouver à redire, notamment critiquer un patriotisme trop exacerbé avec la mise en avant des valeurs de l’armée et de la démocratie naissante des États-Unis, mais cela ne m’a pas dérangé dans ma lecture.

En conclusion ?

Construction d’une colonie naissante, complot politique, survie … tous les éléments sont réunis pour faire du Régiment perdu un livre où l’on ne s’ennuie pas. On se demande bien à travers ces quelques 400 pages comment le colonel Keane va bien réussir à repousser les Tugars tant le combat semble inégal !

Une saga à suivre !

8.5

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