Téméraire, Tome 1 : Les dragons de sa majesté – Naomi Novik

les-dragons-de-sa-majeste-naomi-novikSynopsis

Alors que les guerres napoléoniennes font rage, le jeune capitaine Will Laurence fait une découverte qui va changer le cours de sa vie. Son vaisseau vient en effet de capturer une frégate française et sa cargaison : un oeuf de dragon très rare. Les dragons sont utilisés dans les combats aériens par la plupart des nations. Mais celui que va découvrir Will n’est pas tout à fait comme les autres… Ainsi commence l’histoire d’une amitié indéfectible entre le fabuleux dragon Téméraire et son jeune pilote. Ensemble, ils vont devoir apprendre les tactiques périlleuses de la guerre aérienne. Car la France, dirigée par un Bonaparte plus audacieux que jamais, rassemble ses propres créatures pour transporter ses troupes sur le sol britannique. Laurence et Téméraire se préparent à subir leur baptême du feu !


Mais de quoi ça parle ?

Nous voici au début des années 1800, la guerre fait rage entre le Royaume Uni et la France. Rien de nouveau sous le soleil me direz-vous jusqu’à là…. Mais là où le livre se démarque, c’est que notre empereur Napoléon est sur le point d’envahir la Grande Bretagne avec … des dragons !

C’est dans ce contexte que nous découvrons Will Laurence, un capitaine de la navy de Sa très gracieuse majesté. (Et oui, à mon grand regret, nous suivons le conflit du côté des anglais).

Notre brave capitaine vient de capturer un bateau Français qui contient à son bord une étrange cargaison, puisque cette dernière contient un oeuf de dragon, destiné à l’empereur lui-même.

Et c’est à ce moment précis que la petite chose à l’intérieur décide de pointer son museau en dehors de sa coquille. Ce qui est un peu embêtant, car ces bébêtes là ont une vilaine manie, celle de se lier indéfectiblement à la première personne qui croise son regard.

Et devinez qui s’y colle ?

Laurence devient donc malgré lui capitaine de dragon. Malgré lui car dans cette société, il est assez mal vu d’être aviateur : considéré comme des moins que rien qui dévouent leur vie à des dragons, ils ne sont pas loin d’être considérés comme la lie de la société. Bref, le bel avenir de Will part en fumée du jour au lendemain : son père le rejette, sa fiancée l’abandonne … La vie de dragonier n’est pas tous les jours rose !

A que cela tienne ! Il part rejoindre les Corps, un régiment d’aviateur, qui, à dos de dragon sème la terreur dans les rangs ennemis. L’accueil n’y sera pas des plus chaleureux, ses nouveaux camarades jugent en effet que laisser un dragon entre les mains d’un marin relève presque de l’hérésie.

Les jours vont passer et il va faire progressivement se lier d’amitié avec son dragon nouvellement baptisé Téméraire, et connaître les joies de l’entraînement aérien. Il va également y découvrir toute l’organisation qui tourne autour de ces grosses bébêtes : en effet chaque dragon possède en plus de son pilote, toute une équipe au sol, chargée de l’entretien du harnais et de son bien être, ainsi qu’une équipe de combat composée d’enseignes, de fusiliers …

Il va par la même apprendre à connaître un nouvel univers, celui des dragons. Naomi Novik, nous livre ici un bestiaire particulièrement étoffé. Des gros dragons, des plus petits, les winchesters, mais aussi des cracheurs de flammes comme les Flammes-de-Gloire, ou encore des longwings  cracheurs d’acides, la palette de dragon est large !

Et c’est parmi tout ce beau monde que Laurence et Téméraire vont évoluer et n’auront qu’un objectif en tête : montrer ce qu’ils sont capables de faire et se faire une place dans ce petit groupe d’aviateur très fermé…  

Et concrètement niveau lecture, ça donne quoi ?

Naomi Novik nous livre un premier tome avec un synopsis original à partir d’une trame historique précise et bien documentée. L’univers est fouillé, les dragons s’y ’intègrent d’ailleurs parfaitement, amenant une touche d’originalité dans une période mainte fois vue, même s’il faut un certain temps d’adaptation pour se rappeler des capacités de tel ou tel dragon. Pour les plus curieux d’entre-nous, il y a même à la fin du livre un petit manuel qui permet de mieux les visualiser.

L’écriture est fluide, alternant les phases de combats, la camaraderie à terre et la découverte mutuelle de Téméraire et Laurence.

D’ailleurs, parlons de ces personnages et de leur relation qui m’a un tantinet gêné.

Laurence et Téméraire sont des personnages intéressants, l’un dandy militaire calme mais pas dénué de charisme, l’autre, un dragon particulièrement intelligent en train de découvrir le monde et de remettre en cause les cadres de la société. Nous avons donc non pas un héros, mais un couple où aucun des membres du duo ne prend le pas sur l’autre. Le point fort est qu’on s’intéresse autant aux problèmes de l’un que de l’autre, mais je reste néanmoins sur ma faim, car ils auraient mérités d’être encore un peu plus creusés.

De même, j’ai eu la désagréable impression de retrouver l’amitié platonique, mais O combien simplette et morne qui unissait Eragon et Saphira.

Laurence n’a comme Eragon que le bien-être de son dragon en tête. Et voilà que je t’offre des bijoux, que je t’appelle mon coeur à longueur de journées… Même les dialogues sont assez plats et tournent toujours autour des mêmes sujets : Suis-je le plus fort ? Que ferai-je sans toi ? Dis, est-ce-que tu m’aimes vraiment très fort ? etc.

Bref beaucoup de dialogues plats, alors qu’il y avait beaucoup plus de potentiel !

Mais bon, rien de trop grave non plus, la trame principale qui se dévoile petit à petit est très agréable et l’on s’attache progressivement à tous les dragons.

 

En conclusion ?

Les dragons de Sa Majesté est donc un premier tome écrit dans un style simple et plaisant qui inaugure un cycle qui à ce jour compte déjà 7 romans déjà traduits.

Sans révolutionner le genre, j’ai suivi avec intérêt l’apprentissage de Will et de Téméraire, même si après réflexion, je pense que c’est le travail de Naomi Novik sur les dragons et leur quotidien qui m’a le plus intéressé.

Bref ce premier tome est un bon roman, mais j’aurai été curieux de voir ce que ce synopsis aurait pu donner avec une plume plus mature.

7/10

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