Rigante, tome 1 : L’Épée de l’Orage – David Gemmell

Couverture-david-gemmell-rigante-epee-de-l-orageSynopsis

Au cœur de montagnes verdoyantes se trouve le petit village rigante de Trois-Ruisseaux, dont les habitants vénèrent les dieux de l’air et de l’eau, et les esprits de la terre. Parmi eux vit un enfant marqué au sceau du destin. Né au cours de l’orage qui condamna son père, il se nomme Connavar. Bientôt, les récits de son courage se répandront comme un feu de prairie. De l’enfant qui a combattu l’ours, il deviendra l’homme qui a tué le roi ! Il a juré de protéger son peuple et rien ni personne ne pourra se mettre en travers de son chemin. Or, une prophétie a prédit qu’une armée sans pitié traverserait un jour la mer et, telle une avalanche, détruirait tout sur son passage. Sur cet échiquier, toutes les forces en présence vont jouer leur main : du général Fantôme à la Morrigu, créature maléfique qui hante les bois depuis la nuit des temps, en passant par Jasaray, l’Érudit de Roc, et son armée invincible. 

 

Mais de quoi ça parle ?

Le récit prend place dans une Ecosse ancienne, semblable à la nôtre, et où l’on retrouve d’un côté des tribus d’inspiration celtique, les Keltois, et de l’autre l’Empire de Roc en tout point similaire à notre Empire Romain. Comme à leur habitude, les seconds ont comme passe temps de pacifier le monde des nations “barbares” par le fer et le sang. Et c’est bientôt au tour des Keltois de connaître la joie de goûter à la civilisation.

L’épée de l’orage nous raconte l’enfance d’un futur héros, celle de Connavar promis à un grand avenir (Je vous laisse deviner lequel). Nous allons donc suivre son apprentissage, et surtout son enfance car David Gemmell a pris le choix de suivre son héros dès le plus jeune âge, juste après la mort de son père.

Très vite, Connavar va surclasser ses camarades dans à peu près tous les domaines. Formé par un commerçant autrefois général, il parvient à démontrer très vite ses talents, posant par là même occasion les prémices d’un futur héros, prêt à bouter de son territoire n’importe quel envahisseur qui aurait la folie de chercher des noises aux Rigantes

Sa hantise ? Être taxé de lâche à l’instar de son père considéré à tord comme un pleutre.

Bref, une enfance qui tourne certes un peu en rond, pimentée avec le premier chagrin d’amour de notre héros, mais que l’auteur arrive à rendre sympathique par sa plume.

Plume qui nous emmène d’ailleurs dans un univers riche et fouillé : nous allons tout d’abord y découvrir le petit village des Trois-Ruisseaux, petite bourgade champêtre qui va très rapidement s’ériger en ultime rempart contre l’envahisseur. Une occasion pour découvrir les coutumes des Rigantes, mais aussi leurs croyances et leur quotidien.. Mais elle nous emmènera aussi dans des contrées plus mystérieuses habitées par les Seidh, peuple féérique qui vénère la Morrigu. Nous allons également découvrir un troisième lieu par delà les montagnes , Roc, la capitale de l’empire où se mêle complots, civilisations et plans de conquête.

Bref, un premier tome qui pose les bases de la trilogie et dans lequel les années qui passent développement l’identité de Connavar, son évolution auprès des femmes ou encore son ascension auprès de son peuple… pour finir sur des guerres auxquelles il participera et dont il voudra en protéger les siens.

Et concrètement niveau lecture, ça donne quoi ?

L’épée de l’Orage est donc le premier tome de la tétralogie Rigante, qui n’est pas sans rappeler le Lion de macédoine ou encore Troie, deux autres œuvres du même auteur qui ont en commun les références multiples aux civilisations de l’antiquité et son souci de coller à une certaine réalité historique.

Comme à son habitude, David Gemmell nous livre ici un roman simple mais efficace qui devrait plaire aux amateurs de fantasy. Particulièrement immersif, le livre nous plonge dans un monde différent du nôtre mais pourtant étrangement familier.

J’ai particulièrement apprécié cette réécriture de notre histoire qui a vu s’effondrer une civilisation remplacée par une autre. Mais cette fois-ci, David Gemmell donne au peuple Celte le héros qui lui aurait manqué pour s’opposer aux légions romaines, et on se surprend à imaginer ce qui serait advenu si les armées romaines avaient été repoussées de la Bretagne (Certes à mon avis pas grand chose).

Comme à son habitude, David Gemmell nous peint des personnages hauts en couleur. Connavar est un personnage très attachant, qui évolue beaucoup et qui sait se faire des amis rapidement…et des ennemis plus rapidement encore. Mais il n’y a pas que sa jolie frémousse qui évolue au fil des années. Tête brulée à son adolescence, il va s’assagir et faire preuve de diplomatie au fur et à mesure qu’il explore le monde (Ce qui ne l’empêchera de mettre quelques taloches à droite et à gauche quand le besoin s’en fait sentir).

Mais Connavar n’est pas le seul personnage intéressant. Il va rencontrer durant son périple toute une pléïade de personnages secondaires très travaillés (Je pense notamment à son mentor Banouin ou le général des armées du Roc, Jeresay que j’apprécie beaucoup également). Chacun a son importance, chacun apporte quelque chose au récit et c’est une des grande force de ce roman.

Mais David Gemmell nous livre aussi quelques scènes de bataille dont il a le secret, donnant au lecteur l’impression qu’il est au cœur du combat et non un simple observateur. Car que serait un Gemmell sans son lot de moments épique, de bravoure et de héros capables de vaincre des cohortes ennemies sans lâcher la moindre goutte de transpiration ? Le choc des batailles va d’ailleurs crescendo à la fin du volume, annonçant un tome suivant riche en moments de bravoures, tout en achevant l’ascension de Connavar dans la hiérarchie de son peuple.

L’épée de l’Orage contentera donc aisément tout lecteur en mal de sensations fortes, mais sans néanmoins parvenir à insuffler le souffle épique d’un Druss ou d’un Waylander.

 

En conclusion ?

En conclusion, ce premier tome est plutôt accrocheur et donne immédiatement envie d’enquiller sur le suivant. Objectif pleinement atteint de la part de l’auteur donc, même si l’on a l’impression d’assister à un tour d’échauffement et qu’on est impatient de rentrer dans le vif du sujet.

Dans tous les cas, David Gemmell m’a fait voyager dans les Highlands par la force de ses descriptions, j’avais vraiment l’impression de me trouver dans ces régions vertes et fertiles d’Ecosse…

Immersion encore plus poussée ayant vu quelque temps plus tôt le film la dernière légion (Que je déconseille en passant) dont l’histoire se déroule au même moment. J’avais d’ailleurs été intrigué par le mur d’Hadrien construit par les Romains sur toute la largeur de l’Angleterre pour protéger le sud de l’île des attaques calédoniennes. J’espère bien retrouver cette muraille dans les tomes suivants.

8/10

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