La Mallorée, Tome 1 : les gardiens du Ponant – David Eddings

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Synopsis

Voici venus les temps où les peuples respirent. Torak est mort, le dieu-dragon, l’Enfant des Ténèbres, et la menace cosmique parait conjurée. Tout est calme en tous lieux dans les royaumes du Ponant. Pourtant la Prophétie des Ténèbres est bien gravée dans les mémoires : une parole, ça ne peut pas mourir. Et le vieux Gorim, dans sa grotte, entend gémir et gronder la terre : une pierre maléfique s’est réveillée à l’autre bout du monde. Le culte de l’Ours aurait-il encore, contre toute attente, des adeptes secrets ? Ça et la, on complote, on assassine, on repère des enfants marques par le destin. Déjà la guerre s’allume dans les états du Sud. Puis, une nuit, la Voix parle à Garion. Qu’est ce que le Sardion, la pierre tombée du ciel dont le nom fait frémir les Ulgos ? Où est « l’endroit qui n’est plus » ? Faut-il combattre encore les Ténèbres vaincues ? Bien, les Gardiens du Ponant vont reprendre du service…

 

Mais de quoi ça parle ?

Les Gardiens du Ponant prend place quelques années après les aventures contées dans la Belgariade. On y retrouve d’ailleurs tous les personnages récurrents du premier cycle, ainsi  que quelques nouveaux, qui vont prendre de plus en plus d’importance dans le fil du récit.

Ce premier tome met un peu (beaucoup ?) de temps à démarrer. Nous suivons Polgara, Durnik et Mission qui ont décidé de prendre un repos bien mérité dans le Val, tandis que de l’autre côté du royaume, Garion s’efforce d’être un bon roi, de supporter le (mauvais) caractère de Ce’Nedra, sa femme, et, quand le temps le permet, de donner une descendance au royaume. Bref, il n’a pas le temps de s’ennuyer !

Mais tandis que tout ce beau monde profite d’un repos bien mérité, les accidents se multiplient au sein du royaume, donnant ainsi l’occasion à nos héros de se dégourdir les jambes à travers des contrées toutes différentes. Chacune de ces étapes est l’occasion pour Eddings de développer une petite aventure de quelques pages (amour, intrigue, ou encore politique), permettant ainsi de mieux cerner les différents protagonistes, tout en leur permettant d’avoir leur moment de gloire bien mérité.

Quant à la trame de fonds, du classique : le culte de l’ours bien décidé à assumer son rôle de fauteur de troubles décide de ravir Geran, le fils unique de Garion et Ce’Nedra, qu’ils ont eu tant de mal à avoir !

S’en suit alors une poursuite pour le sauver qui commencera véritablement à partir du tome suivant.

Et concrètement niveau lecture, ça donne quoi ?

Tout d’abord, quoiqu’il arrive, ne faites pas la même erreur que moi : ne commencez par la Mallorée quand vous n’avez pas encore lu la Belgariade ! Ce n’est jamais une bonne idée de démarrer par la suite d’une série plutôt que par la série initiale, ce qui explique probablement pourquoi je n’ai pas accroché plus que ça au roman.

Commençons quand même par ce que j’ai apprécié : le ton bon enfant et l’humour qui se retrouvent de la première à la dernière page. Les échanges entre les différents protagonistes sont très bien réussis, notamment les piques incessantes de Ce’nedra envers son pauvre mari qui m’ont vraiment fait sourire. David Eddings et son épouse arrivent parfaitement à coordonner le côté humain, tout en accentuant les côtés grotesques et stéréotypés de leurs personnages. Un peu trop à mon goût d’ailleurs car on peut se demander comment Garion, un peu lourdeau il faut l’admettre dans ce premier tome, s’est retrouvé à la tête du Royaume.

Mais une fois ces petits moments de rigolade passés, rien ne se dégage d’autre du roman. L’intrigue est plate et sans originalité (Oh un rapt d’enfant par une méchante tribu dans le cadre d’une prophétie O combien surprenante où les champion du bien et du mal vont devoir s’affronter pour décider du sort du monde !!!)

David Eddings a par ailleurs la propension à faire sortir de nouveaux évènements de sa manche quand ça lui chante, et l’on se retrouve à voyager deci-delà dans tout le royaume sans trop d’explications sur les révoltes de tel ou tel comtés (dont on oublie d’ailleurs le nom la ligne suivante)… matées deux pages plus tard ! Où sont mes grandes scènes de batailles à la Gemmell ? Où sont ces moments de bravoure où, alors que tout est perdu, le héros arrive à renverser le cours de la bataille à la sueur de son front ? Ne les cherchez pas ! Ici, tout est réglé en moins de temps qu’on ne peut dire ouf, les héros semblants ici protégés par le divin, et capables de briser le mur d’une ville fortifiée par leurs pouvoirs, quand ils n’oublient pas de les utiliser quelques pages plus tard devant une situation similaire.

Enfin, je reviens sur cette légèreté de ton, qui je le répète, est appréciable en général, mais qui m’a empêché de bien rentrer dans l’intrigue. David Eddings s’amuse avec ses personnages et leurs joutes, mais il oublie par moment de donner de la profondeur à son histoire qui reste plate, et qui nous empêche d’entrer véritablement dans l’histoire. Dommage …

En conclusion ?

Que dire de ce premier tome ? Les gardiens du Ponant est un roman juste sympa, agréable à lire, mais pas vraiment marquant. Les chamailleries verbales de nos héros sont fort sympathiques mais n’arrivent pas à relever le niveau d’une histoire qui peine à décoller. Si vous aimez la fantasy humoristique, tournez vous plutôt vers du Terry Pratchett ou la série du Prophétionnel de Pierre Grimbert (Ou ne faites pas la même erreur que moi et commencez par la Belgariade !)

6/10

 

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