Hordes : L’intégrale de la trilogie – Laurent Genefort

hordes-laurent-genefortSynopsis

Audric est le fléau du démon, capitaine de la horde du Serpent. L’épée gigantesque qu’il est le seul à pouvoir manier serait-elle le fruit d’un pacte démoniaque? Pour le compte du duc Coresh, il doit conduire ses hommes en pays ennemi et enlever une augure légendaire, capable de prédire et de modifier l’avenir. Ce faisant, ne risque-t-il pas de bouleverser l’ordre rétabli? Le chaos et les démons vont embraser le monde…








Mais de quoi ça parle ?

Rien de tel pour bien commencer un livre de fantasy qu’une bonne grosse bataille. Et Laurent Genefort l’a bien compris en nous faisant arriver dès les premières pages dans un champs de bataille où les premières giclettes de sang ne tardent pas à colorer le sol.

Cet affrontement est l’occasion de découvrir que dans ce monde féodal, les guerres que se livrent les comtes se font en grande partie à l’aide des hordes, des troupes de mercenaires sans foi ni loi prêts à égorger leur môman pour une pinte de bière. Et quoi de mieux que de payer la lie de la société à s’entre-tuer et ainsi économiser ses propres troupes ?

C’est justement une de ces hordes que l’on va suivre durant cette trilogie, la très renommée horde du serpent. Audric, notre héros, en est d’ailleurs le capitaine. Un capitaine dont la réputation n’est plus à faire, tant il a tendance à faucher avec facilité les rangs ennemis avec une épée gigantesque. Il est d’ailleurs surnommé par ses ennemis, comme par ses amis, le Fléau du démon suite à une rumeur qui prétend qu’il aurait fait un pacte avec un démon pour porter cette épée.

Audric n’en reste pas moins un homme capable de sentiments puisqu’il sauve le jeune Marween de deux mercenaires, et décide de lui faire une place dans la horde, malgré les avertissements d’Umiade, son augure.

Les années passent, et l’on va suivre les tribulations de cette horde au fil des pages. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que dans la horde du serpent, on ne s’ennuie pas ! Sièges, escarmouches, trahisons, et lutte désespérée contre des monstres tentaculaires, ça ne chaume pas !

Quand à Marween, il devient un brillant soldat qui permet plusieurs fois à la horde grâce à ses initiatives de s’en sortir quand la situation semblait désespérée.

La véritable intrigue du premier opus, l’ascension du serpent, commence lorsque le duc de Coresh charge Audric de lui ramener une augure, Selenn, capable de prédire l’avenir en détail, voire de l’infléchir, alors que ses consoeurs ne sont capables de voir que quelques bribes. Assurément, le duc qui aurait en sa possession serait capable de gagner toutes les batailles, connaissant la stratégie de l’ennemi à l’avance. Mais c’est sans compter les prévisions des augures du royaume quant à un rapprochement du monde des hommes et des démons …

Parlons rapidement des tomes suivants sans en dévoiler trop l’intrigue.

Le second tome, le vol de l’aigle verra une scission de la horde du serpent, avec d’un côté, Audric et ses fidèles, et de l’autre Marween à la tête de la nouvelle horde de l’Aigle. La première, chassée, se verra obligé de fuir et et vivre cachée pour espérer survivre, tandis que la seconde se rangera aux côtés d’un certain duc que l’on a déjà rencontré, et deviendra le fer de lance de son armée.

Quant au troisième et dernier tome, les crocs du tigre, le rapprochement entre le monde des démons et celui des hommes est plus que d’actualité. Partout dans le royaume des démons, les morwaaks, apparaissent, poussant des milliers de villageois à choisir le chemin de l’exode. Quant à la horde du serpent, à la fois pourchassée par l’armée ducale et par les démons, elle doit, entre deux batailles, trouver le temps de forger une alliance entre les derniers résistants au duc de Coresh !

Malgré une défaite annoncée par la Prime Augure Solenn et la disparition de la horde du serpent de la surface de la terre, Audric ne compte pas abandonner sans combattre !

Et concrètement niveau lecture, ça donne quoi ?

Laurent Genefort, plutôt attaché à la Science-Fiction, nous livre donc ici son premier roman de Fantasy. Et vous l’aurez probablement compris, ça déménage sec ! Hordes, en 3 mots, c’est : du sang, de l’action et encore du sang.

Mais développons un peu plus !

La couverture tout d’abord ! Elle nous met tout de suite dans le bain avec ses étendards dressés, ses armes levées et l’armée innombrable en arrière plan. Une couverture qui promet du combat, du sang, bref un récit violent pour nous les hommes. Et le contenu du livre ne vient pas nous détromper !

Car oui Hordes est un roman où l’action s’enchaîne sans aucun temps mort. Les affrontements se succèdent à un rythme effréné, où se succèdent batailles rangées, sièges, raids, bref tous les prétextes où l’on peut joyeusement se taper dessus.

On pourrait avoir peur de ce trop plein d’action, mais Laurent Genefort a su distiller un tel souffre épique dans son roman que l’on tourne avec avidité les pages. Les batailles sont réalistes et l’on rentre facilement au jeu, à tel point que l’on a l’impression d’avoir sous les yeux un excellent film de dark fantasy.

Dark fantasy car le cycle s’enfonce progressivement dans la noirceur, notamment à partir du vol de l’aigle où Marween, dans sa quête de pouvoir, sombre peu à peu dans la folie. J’ai beaucoup aimé sa transformation, de jeune gamin admirant Udric et ayant soif d’apprendre se transformant au fil des pages en monstre dénué de tout scrupule.

Le personnage d’Aulric n’est pas en reste. Loin d’être la brute épaisse à laquelle on peut penser aux premières pages, le chef de la horde est certes un ruffian qui cherche à assouvir sa soif de gloire et d’or, mais sa psychologie est bien plus complexe et on sent une étincelle d’humanité en lui, en témoigne son secours au jeune Marween (Bon certes, il le regrettera mais quand même !)

Cependant on peut regretter que les personnages secondaires ne sont quant à eux pas assez fouillés. En dehors d’Umiade, on ne sait presque rien d’eux. Leur passé ? Leur motivation ? Pourquoi untel a préféré suivre Aulric que Marween de la scission ? On a très peu d’éléments, voir aucun, et je trouve ça dommage car il y avait le potentiel d’installer un réel esprit de camaraderie dans cette bande un peu à l’instar de la célèbre Compagnie Noire de Glen Cook. (Je pense notamment à l’histoire d’un duc qui a tout perdu suite à l’invasion de démons dans son château et qui décide, malgré son rang, de rejoindre la horde. Un personnage auquel je m’étais attaché et qui, une fois sa petite histoire passée, a complètement disparu de la circulation)

Enfin, un dernier mot pour finir sur l’univers organique que Laurent Genefort a développé ici et que j’ai apprécié pour son originalité : des châteaux construits dans des arbres flottants (les fameux arbres de vie), ou des démons organiques qui font pousser des minions à la façon des fruits, un peu dérangeant mais qui a le mérite de créer un monde original.

On peut tout de même regretter quelques détails supplémentaires sur les différents royaumes, leur culture … et quelques (nombreuses ?) interrogations persistent notamment pour quelle raison les 2 mondes se rapprochent-ils ?

Mais cela n’enlève en rien le plaisir de lecture !

En conclusion ?

Laurent Genefort nous livre ici une trilogie de Fantasy pleine de fureur et de sang. Un rythme haletant et des scènes de combat toujours plus spectaculaires font de Hordes une série que je recommande à ceux qui recherchent de l’action avant tout et qui ne souhaitent pas s’embarrasser de longues descriptions et d’une intrique trop fouillée (Un livre pour moi quoi).
Je regrette juste un final un tantinet bâclé et des livres un peu trop courts, 300 pages en moyenne, alors qu’il y avait moyen d’en faire une référence du genre avec quelques descriptions supplémentaires et des personnages un peu plus fouillés !

8.5/10

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