La mort blanche – Frank Herbert

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Mais de quoi ça parle ?

John Roe O’Neill, en vacance à Dublin, voit sous ses yeux sa femme et ses deux enfants tués par une bombe de l’IRA. Profondément traumatisé par l’évènement, il jure alors de se venger contre les coupables de cet attentat. Et il va s’en donner les moyens…
Car oui John n’est pas n’importe qui. Biologiste moléculaire de génie, il va mettre au point, seul, incognito, dans un petit laboratoire de fortune à Seattle, un virus mortel qui n’atteindra que les femmes… (Il ne causera tout au plus qu’un petit rhume pour les hommes). O’Neill a perdu sa femme, il veut que ses tourmenteurs souffrent du même manque.

Il décide alors de lâcher son virus contre les trois pays qu’il considère comme impliqués dans l’attentat : l’Irlande, évidemment, l’Angleterre et la Libye. Mais les autorités tardent à réagir, les mesures de quarantaines sont insuffisantes. Très vite, la peste va s’étendre, et ce sont les femmes du monde entier qui vont être frappées, sans espoir de guérison …

Pendant ce temps en Europe, une équipe composée des meilleurs scientifiques français, russes et américains cherche un remède à un mal qui ne laisse aucune survivante. A une autre échelle, les affres de l’épidémie font des ravages : les frontières se ferment, les gouvernements s’effondrent…

Mais alors que le genre humain est à deux doigts de s’éteindre, John Roe O’Neill retourne en Irlande là où tout a commencé, là où tout doit finir…

Et concrètement niveau lecture, ça donne quoi ?

Bien que le synopsis du livre semble à première vue très cliché, j’étais curieux de savoir ce qu’un écrivain de la trempe de Franck Herbert pouvait bien faire de ce thème.
Bien sûr, trente ans après l’écriture du livre, Certains éléments ne sont plus en phase avec l’actualité. C’est le cas de la guerre civile qui ravageait l’Irlande du Nord avec ses attentats, mais il peut néanmoins se révéler précurseur des conséquences potentielles du bio-terrorisme.

Que dire de la mort blanche et de ses 700 pages ? (Je n’avais pas vu la taille du pavé sur mon kindle, et je le trouvais étrangement long)
Le début du livre était certes classique mais prometteur : les premières atteintes du mal, les réunions de chercheurs pour cerner la maladie et trouver un remède, la traque d’O’Neill, puis les décisions (souvent radicales) des pays pour enrayer la peste. Franck Herbert a d’ailleurs particulièrement travaillé l’impact de l’épidémie sur le monde. Tout y passe : les religions, la politique, la question de l’instrumentalisation de la science… Mais à si petite dose, et par ellipse, que l’on reste sur notre faim.

Tout semblait prometteur jusqu’à ce qu’on atteigne le second tiers du roman et la traversée (qu’il croit incognito) d’O’Neill en Ecosse. A partir de ce moment du récit, l’histoire est quasi centrée sur son périple, accompagné d’un prêtre, d’un enfant autiste et de Joseph Herity, un des personnages clés du roman. Et ce que je peux en dire, c’est que ça traîne sérieusement. Ce (long) passage met en scène la psychologie de John O’Neill, ayant alors développé une double personnalité et les troubles de conscience qui vont avec. Les personnes qui l’accompagnent, chargées de lui faire voir l’atrocité de ses actes en lui montrant une Ecosse ravagée peinent à convaincre, et rien ne sort de leur incessants dialogues.
Quelques incursions dans les sphères du pouvoir politique s’immiscent entre deux chapitres, montrant que les magouilles ne cèdent jamais même dans les situations les plus terribles, mais peinent à relever l’intérêt de l’histoire.

En définitive, la mort blanche donne l’impression d’être plus un roman politique et morale sur fond apocalyptique qu’un vrai roman catastrophe. Avec 200 pages en moins, une intrigue resserrée autour de O’Neill et une approche moins politique mais plus humaine des conséquences de la peste (l’impact de celle-ci sur la société est juste, hélas, survolé), le roman aurait pu me marquer. Mais ici il en ressort un roman long, ennuyant, avec une fin O combien bâclée, donnant l’impression que Franck Herbert ne savait pas quoi faire de ses personnages, ni de quelle façon finir son livre…

En conclusion ?

Les plus
Un synopsis prometteur
Les 200 premières pages
Un O’Neill attachant dans sa folie

Les moins
Beaucoup de longuuuuuuuuueurs
Des personnages secondaires sans charisme
Le parti pris de trop développer l’aspect politique
Une fin décevante

5,5/10

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