L’Enfer vertical -Serge Brussolo

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Mais de quoi ça parle ?

Une tour de vingt étages, une étrange machine cubique, et un groupe de prisonniers, voilà les principaux acteurs d’Enfer Vertical de Serge Brussolo.

Cette petite poignée de détenus a été gracieusement conviée à participer à une petite expérience. Organisée par le gouvernement, elle propose de gracier le ou la repris(e) de justice qui parviendra à atteindre le sommet de cette immense tour. Bref, une petite ballade de santé en somme !

Ou pas ! Car chaque étage est le lieu d’épreuves où seuls les plus forts ont la possibilité d’aller plus loin. Inondation de boue, amputation(s) et autres activités sinistres sont ainsi proposées à notre joyeuse bande de veinards.

Le seul élément extérieur qui les accompagnera lors de leur progression est une étrange machine cubique, qui leurs servira de distributeur de nourriture, mais aussi de toilettes et d’incinérateur.

Mais, cette machine-bourreau est un tantinet capricieuse et va progressivement déshumaniser ses utilisateurs.

Je n’en dis pas plus !

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Fan art de Krumas – Source

Et concrètement niveau lecture, ça donne quoi ?

Enfer vertical est un huit-clos haletant qui m’a tenu en alerte fébrile jusqu’à son dénouement. Non pas pour ses personnages qui ne sont ici que des pions, mais pour les épreuves successives qui vont complètement déshumaniser le petit groupe de détenus. A chaque étage, je me demandais jusqu’où l’horreur et le désespoir irait. (Un côté sadique moi ?)

L’intrigue est réduite au minimum (la progression du défi à relever, étage par étage, d’un groupe de prisonniers dans une salle dont l’unique élément est un distributeur), mais reste néanmoins prenante.

Les scènes gore le sont juste ce qu’il faut, juste assez pour qu’on se mette à la place des personnages et qu’on s’interroge : que ferions-nous dans une situation pareille ? La violence physique est ici largement surpassée par la violence psychologique, le sadisme mental dont sont victimes les personnages. On en sait peu sur ces derniers. Ils ne sont que des pions, des sujets d’expérimentation. On ne s’y attache pas, seul le « héros » David Sarella retient notre attention.

N’importe quelle personne qui a vu le film the cube fera rapidement le parallèle avec Enfer Vertical.

Publié 12 ans avant le film du réalisateur Vincenzo Natali (1997), Serge Brussolo avait déjà tout écrit ! Le huis clos qui se déroule dans un univers carcéral high-tech envisagé comme instrument de torture.

Ce roman est l’œuvre d’un sadique, d’un écrivain mi-génie mi-fou qui aime se jouer de ses personnages comme de ses lecteurs.

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Fan art de Kakotomirai – Source

En conclusion ?

Un roman court, mais très prenant ! Doté d’une atmosphère très particulière, on se surprend à avaler les chapitres pour savoir si le héros va arriver à tenir bon et parvenir au sommet de cette tour.

Par certain aspect, le livre peut sembler invraisemblable. On a du mal à croire que les concepteurs de cette prison aient pu faire preuve d’autant de perversité et de cruauté, mais cela ne m’a pas gêné.

Bref, très bonne histoire, racontée avec talent. Un regret, j’aurai souhaité en apprendre plus sur cette expérience et ses objectifs.

7/10

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