La trilogie de Wielstadt – Pierre Pevel

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Histoire

L’histoire se passe en 1620, dans une ville imaginaire du Saint-Empire germanique, Wielstadt, ravagée par une longue guerre. Au premier abord, une ville tout à fait ordinaire, une ville commerciale à mille autres semblable. Mais c’est sans compter son gardien, un dragon, présence lointaine, mais omniprésente dans tout le récit. Mais également de nains, de fées, de faunes et de quelques goules affamées.
Maintenant que le décor est posé, rentrons dans la ville sur les talons de Krantz. A mi-chemin entre le chevalier errant et l’exorciste, il s’est reconverti dans la chasse des ombres, des créatures maléfiques qui ont bien décidé de lui gâcher sa retraite. Solitaire, renfermé, torturé même, il dégage de lui quelque chose de particulier, quelques mystères dont il nous brule de soulever le voile…
Cet intégral est composé de trois romans dans lesquels notre chevalier mène diverses enquêtes qui le conduiront à faire face à moults dangers et à rencontrer des personnages fort atypiques.

Rapidement, il devra se confronter à Alexander von Gottenberg, revenu d’entre les morts afin de se venger des personnes qui le jugèrent pour hérésie alors qu’il était innocent.

Le tome deux le verra se confronter à une étrange prophétie, où il découvrira qu’il est la clé qui permettra de sauver le monde des représentants de l’ombre. Rien que ça !

Enfin, dans la troisième et dernière partie, il sera confronté à un criminel surnommé le Voleur de visages (Je vous laisse deviner pourquoi) qui va semer la peur dans la cité.

Les trois livres sont évidemment liés puisque nous retrouvons une bonne partie des protagonistes tout au long de la trilogie. Les enquêtes quant à elles sont différentes mais très sympathiques, reliées par un fil rouge qui va conduire notre plus-si-jeune-que-ça héros à en découvrir un peu plus sur les ombres.

Car oui le mal n’est jamais bien loin, entouré de brume, l’Ombre, possède mille visages, mille agents, et c’est à eux que Krantz doit faire face. Un héros sombre s’accordant merveilleusement aux temps sombres qu’il traverse …

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Fanart de Daroz – Source

 Avis

Je dois avouer que j’ai commencé ce livre avec une certaine appréhension, ayant eu du mal à accrocher au rythme en dent de scie des lames du cardinal, le roman qui l’a pourtant propulsé au-devant de la scène de la fantasy française et salué par de nombreuses critiques.

La dernière page tournée, j’ai été rassuré : une intrigue bien ficelée et qui tient le lecteur en haleine du début à la fin, un héros attachant, ainsi qu’un univers extrêmement riche que l’on prend plaisir à découvrir. Il retranscrit les coutumes et la vision des gens d’une certaine époque, jusque dans la langue, ce qui prolonge l’immersion jusqu’à la fin des trois volumes.

L’originalité de Pierre Pevel est de situer son récit dans un contexte historique particulier, et d’y introduire ensuite des éléments de fantastique qui donnent une ambiance particulière à son univers.

Si le background est le meilleur atout de Pierre Pevel avec son imitation très réussie de la langue d’époque, on trouve dommage que certains mystères restent non élucidés : le dragon et la Dame en rouge notamment. Ceci est encore plus flagrant avec tous les personnages secondaires qui sont à peine effleurés et semblent être là seulement pour donner plus de profondeur à Kantz. Il y avait pourtant matière à développer les différentes personnes rencontrées, celles qui ne sont pas humaines notamment (et Chandelle en tête de file).

Le charme de ces romans tient beaucoup à son protagoniste, le chevalier Kantz, un personnage à la psychologie très fouillée et pour lequel on ne peut s’empêcher d’éprouver de la sympathie malgré son mauvais caractère et son côté bourru.

Pour finir, mais cela ne tient qu’à moi qui bloque sur les descriptions à n’en plus finir, mais on peut peut-être déplorer une propension à vouloir trop ancrer le récit dans notre monde réel en ajoutant de nombreuses références, ce qui conduit à une surabondance de ces passages au détriment du reste de l’histoire.

Mais ne boudons pas notre plaisir, bien au contraire, la trilogie tient ainsi toutes ses promesses au fil des pages pour nous livrer une épopée bien agréable.

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Fanart de Daroz – Source

 Conclusion

La trilogie de Wieldstadt est donc une aventure surprenante et sympathique, rythmée par des combats de cape et d’épée, des complots, et des êtres fantastiques. Une atmosphère sombre qui se rapproche par moments de la Dark Fantasy. Des personnages attachants, même dans leur noirceur la plus totale.

Bref, un roman qui m’a redonné envie de retenter la lecture des Lames du cardinal. Ah si, un dernier point. Comme avec ce dernier, je regrette que l’aspect fantasy ne soit pas davantage exploité avec les Dragons, la Dame Rouge où tout simplement autour du thème de la magie qui, s’il était prépondérant dans le premier tome, devient tout à fait secondaire par la suite, et qui m’a laissé un tantinet sur ma faim de ce côté-là.

8/10

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